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La dépression saisonnière

Auteur: Jérôme Vermeulen, psychologue Présentation


Résumé: La dépression saisonnière a pour principale caractéristique de se manifester entre septembre-octobre et avril-mai. La dépression saisonnière est principalement liée à la baisse de luminosité des mois d'hiver, tant en intensité qu'en durée



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Une dépression liée à la lumière

Dès le début de l'automne, la lumière commence à diminuer sous nos latitudes et nous entrons dans une période sombre et grise. La rotation de la terre sur elle-même et autour du soleil explique ce cycle des saisons et cette influence importante sur l'exposition de notre planète à la lumière.

La diminution de l'énergie lumineuse captée par notre hémisphère entre octobre et mars est énorme physiquement parlant. Les physiciens évoquent ainsi des variations allant d'une valeur de 100.000 lux durant une belle journée ensoleillée d'été à 2000 ou 5000 lux par une journée ensoleillée d'hiver. On n'ose imaginer ce que nous captons durant une journée grise et morne de novembre. C'est vraiment le cas de le dire: il n'y a pas photon.

Par ailleurs, outre l'intensité d'énergie lumineuse reçue, la durée d'ensoleillement est bien plus courte, et pour cela, pas besoin d'être physicien: une montre suffit à faire le calcul. 16h10 d'ensoleillement le 20 juin contre 8h14 le 20 décembre. Près de 8h de différence! Et là aussi se cache un autre impact: celui de notre activité professionnelle, puisque nous entrons dans les bâtiments pour y travailler lorsqu'il fait encore noir, et lorsque nous en sortons, la nuit est déjà tombée.

Ceux qui le souhaitent peuvent trouver ici une explication astronomique supplémentaire ainsi qu'une petite vidéo très explicite.

Impact sur notre organisme

Notre organisme est organisé autour des cycles de lumière. C'est la chronobiologie. Des cycles hormonaux, mais aussi d'activité, de température sont bien identifiés et liés à notre rythme circadien (littéralement: autour de la journée). Des variations de la sécrétion de mélatonine sont liées à la luminosité ambiante: le matin, la sécrétion de cette hormone diminue et le soir, quand la nuit tombe, elle augmente pour nous préparer au sommeil.

Symptômes plus spécifiques

Outre les manifestations dépressives plus classiques, la dépression saisonnière est accompagnées de manifestations plus spécifiques, comme la boulimie (tendance à grignoter, à avoir envie de sucreries) et une difficulté à se lever le matin. Une diminution de la libido est fréquemment évoquée également, ainsi que des accès de fringale ou de boulimie (la mélatonine ayant un impact sur notre appétit).

Certains vont en souffrir plus que d'autres

Pour la toute grande majorité d'entre nous, cette période de grisaille, tout comme l'illustration de cet article, va susciter un certain niveau de morosité, de fatigue, et de ralentissement. Mais un pourcentage estimé à 5 ou 10% de la population va vraiment subir massivement cette baisse de lumière et entrer dans ce qu'il convient d'appeler une dépression saisonnière.

Les femmes sont plus touchées que les hommes par la dépression saisonnière.

Par ailleurs, la situation géographique joue également un rôle non négligeable. Plus on monte dans les latitudes, et plus on s'éloigne de l'équateur, plus le taux de dépression saisonnière augmente. Cette observation est facile à comprendre: plus on monte vers le sommet de la terre, moins les rayons du soleil la frappent directement, et plus courts sont les jours (en hiver).

La dépression saisonnière sera généralement identifiée comme telle par le médecin traitant du fait, justement, de son caractère récurrent entre octobre et avril.


Texte mis en ligne le 29-08-2006 - Mise à jour le 06-11-2023

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