Il ne veut pas venir chez le psy

Auteure: Cécile Piérat

Résumé: Cécile Piérat, psychologue stratégique brève et systémicienne, nous explique qu'il est parfois possible d'amener une personne peu motivée à entrer dans un travail psychologique. Sous certaines conditions, avec réserve et prudence !

Une grosse disputeIllustrons la situation par un cas de figure assez classique. Le couple traverse une période difficile et l'un des conjoints refuse de se rendre chez le psychologue. Tel adolescent en difficulté qui refuse la proposition d'aide de ses parents? Pourtant il en a besoin! Que faire ? La situation est-elle fichue?

Ne pas abandonner trop vite

Trop souvent encore aujourd’hui, les gens pensent qu’on ne peut rien faire pour une personne qui ne veut pas se faire aider !

Malheureusement, cela est dû à la psychologie elle-même qui a longtemps affirmé qu’on ne pouvait pas aider quelqu’un contre son gré !

Pourtant la thérapie systémique et stratégique brève s’avère particulièrement pertinente en la matière et prend une position plus nuancée en la matière.

Voyons brièvement deux cas de figures :

La contrainte

1/ Une personne contrainte à consulter ! Celle-ci peut devenir demandeuse avec l’aide du thérapeute; le thérapeute « bref » est formé pour « motiver » la personne en quelque sorte, pour trouver un terrain sur lequel le patient sera d’accord de travailler.

Par personne interposée

2/ Vous savez qu’une personne de votre entourage a besoin d’aide mais elle ne veut pas entendre parler de consultation!

Le thérapeute analysera la situation avec vous et s’il l’estime nécessaire, il vous apportera des pistes pour améliorer la situation avec votre proche. Pour cela, vous devrez accepter d’analyser vos interactions et de concrétiser de nouvelles stratégies afin d’évaluer le fonctionnement de votre proche…et le vôtre. Ceci pourra même peut-être suffire à améliorer les choses sinon, à défaut de cela, le thérapeute aura pu vous aider à vivre plus facilement la situation.

Exemple : une adolescente et sa mère souffrant d’excès d’alcool. Le film « Oui mais » avec Gérard Jugnot le démontre bien : l’adolescente parvient à se détacher un peu de sa relation nocive avec sa mère, du coup, la mère a moins d’emprise sur sa fille et elle commence à changer d’attitudes.

Prudence et circonspection!

Mais attention de ne pas se méprendre ! Cela reste laborieux à entreprendre, ce n’est pas « gagné » d’avance ! Et n’espérez pas qu’un thérapeute vous aidera à « manipuler » quelqu’un ! Il prendra soin avant cela de décider si oui ou non il travaille l’interaction !