L'anorexie, le clivage du corps et la fuite du réel

Auteure: Christine Calonne

Résumé: L'anorexie peut renvoyer à désinvestissement de son corps et du réel, pour fuir dans une autre réalité

L'anorexie peut apparaître quand la personne désinvestit son corps, son ressenti, pour fuir dans une autre réalité. Elle peut perdre le désir, notamment le désir de manger. Cela peut s'accompagner du sentiment que ce corps n'est pas le sien, mais est possédé par une entité étrangère, ou que ce corps est le lieu de l'horreur, sensation de morcellement, de démantèlement, d'écrasement, un lieu à fuir...

Ce vécu peut être parfois la conséquence d'une transmission transgénérationnelle d'un vécu d'horreur dans les camps de concentration par le grand-père ou la grand-mère, par le père ou la mère qui ne s'en sont jamais remis, mais qui au travers de leur comportement conscient ou inconscient ont fait passer ce vécu d'horreur, notamment un s'identifiant à l'agresseur des camps par des comportements violents verbalement ou physiquement. Cela peut être aussi le cas d'une éducation proche de la torture, hyper disciplinaire niant le vécu de l'enfant, voire son existence.

En résumé

L'anorexie est un symptôme qui se manifeste chez différentes personnalités avec un sens très différent. L'anorexie peut prendre le sens d'un contrôle de soi et des autres suite à une perte de contrôle de sa vie (échec scolaire mal vécu, par exemple, en cas de personnalité perfectionniste). Le déni peut l'accompagner (par exemple, en cas de violences familiales transgénérationnelles). L'anorexie peut accompagner une dépression ou un traumatisme physique ou psychologique. Elle peut apparaître chez une personnalité dépendante affectivement qui en cas de perte sombrera parfois dans la dépression, l'anorexie, ou la boulimie.

L'anorexie peut se manifester comme symptôme d'une personnalité clivée du corps, de la réalité, par exemple, si le corps est vécu comme le lieu de l'horreur (transmission transgénérationnelle du vécu des camps de concentration, de la guerre, ...). La thérapie doit donc prendre en considération la personne comme SUJET, avec un vécu subjectif, et aborder la souffrance de la personne dans son corps et son esprit.