Prendre sa retraite

Auteure: Liliane Charenzowski

Résumé: Dans cet article, Liliane Charenzowski, psychologue spécialisée en la matière, nous parle de la retraite, moment attendu et redouté, porteur de liberté mais aussi, parfois, d'anxiété et de peur du vide

Stop... ou encore ?

Retraite sous les palmiers Voici qu’arrive bientôt ce moment à la fois attendu et redouté, la retraite. Rien que le mot fait frémir celles et ceux qui s’y confrontent. Le grand saut. Pour certains, enfin la liberté. Liberté de faire ce qu’on veut, sans horaires, sans contraintes. Mais pour d’autres, ceux surtout pour qui la vie au travail était toute leur vie : c’est l’angoisse. Le grand vide. A quoi sert la liberté si on ne sait qu’en faire ?

Et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, voici une génération, appelée « baby boomers », qui part massivement à la retraite alors qu’elle occupe tous les niveaux du monde du travail. Génération exceptionnelle à tous égards : elle s’est adaptée à tout, elle est généralement en bonne santé, elle a connu le confort, bénéficié d’avantages sociaux qu’aucune autre génération n’a connus. Elle a été de tous les combats et a obtenu des succès comme l’amélioration des conditions de travail, l’accès des femmes à quasi toutes les professions, le développement des loisirs, la démocratisation des voyages…

Aujourd’hui, elle se bat encore pour comprendre la société de changement qu’elle a initiée puis qui la dépasse, pour maintenir ses valeurs mais aussi s’adapter à celles qui arrivent et qui sont celles de ses enfants et petits-enfants. Les « baby boomers », rebaptisés « papy et mamy boomers » ont 60 ans, 65 ans et ils n’ont rien, mais alors rien, à voir avec les générations précédentes au même âge. Ils n’en ont pas l’apparence, ni la mentalité, ni les envies. Ils sont fatigués ? Oui, mais quand même ! Ils en veulent encore, à leur manière : ils ont tant à donner, à transmettre ; ils veulent être utiles, participer à la vie de la cité, apporter leur contribution à leur entourage, apprendre, transmettre. Et ils ont besoin de sous, alors ils sont prêts à travailler encore, différemment.

Mais autour d’eux, parfois, ils sont incompris. Les clichés ont la vie dure, il leur faut lutter contre leurs propres préjugés envers eux-mêmes. Parfois, ils perdent confiance : en soi, en la vie, ils ont le sentiment d’être petit à petit exclus. Alors il faut reconstruire la confiance, retrouver du sens, oser les projets pour que la vie reprenne le dessus et que les années « retraite » soient… parmi les plus belles de leur vie !