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Notre cerveau n'a pas été conçu pour faire des statistiques

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Résumé: Notre cerveau n'a pas été conçu pour faire des statistiques. Au départ notre cerveau est conçu pour survivre dans la nature. Cela donne lieu à des comportements irrationnels. Quelques exemples sur la route et dans les airs

Un cerveau est conçu pour survivre dans la nature

Charles Darwin est à l'origine de la théorie de l'évolution des espèces. D'après lui, des comportements, aptitudes, caractéristiques spécifiques du vivant sont sélectionnées au fil des générations si elles ont un impact positif sur la survie de l'espèce. Si l'on s'en réfère Charles Darwin et sa théorie de l'évolution, notre cerveau est le fruit d'une suite de sélections naturelles.

Le corps humain n'est pas été conçu pour voler. Et pourtant, l'homme vole. Mais pour cela, il lui faut une machine volante. Quant à son cerveau, il n'est pas fait pour faire des statistiques. Pour cela, il lui faut des outils mathématiques complexes et souvent contre-intuitifs.

Le cerveau de l'homme moderne reste ainsi complètement configuré pour relever dans l'environnement des aspects importants liés à sa survie et donner des réponses adéquates. Pour nos tout récents ancêtres cro-magnons ou néandertaliens, il s'agissait de repérer l'ours des cavernes qui menaçait sa survie et, en cas de stress, prendre ses jambes à son cou pour lui échapper (les plus courageux couraient après lui pour offrir une belle fourrure à Madame Néandertal, mais c'est une autre histoire). Pas de faire des statistiques et des calculs complexes sur le risque d'en croiser un à tel endroit plutôt que tel autre.

Excès de vitesse

Ce qui compte pour celui que nous appellerons notre cerveau instinctif (celui qui ne fait pas de mathématiques) c'est de pouvoir donner une accélération courte pour échapper à un danger. Concrètement, c'est la rencontre avec un prédateur (cf exemple de l'ours ci-dessus) et l'accélération (en courant le plus vite possible) pour lui échapper.

Sur de longues distances, c'est autre chose, et pourtant, Monsieur X. qui est en retard à son travail va procéder de la même manière. Le stress engendré par son retard, le danger "social" de la remarque de son manager, vont amener Monsieur X. a accélérer au volant de son véhicule. Au lieu de rouler à 120 km sur le parcours de 60 km qu'il effectue habituellement sur autoroute en une demie-heure, il va rouler à 135 km/h. Il gagne au bout du compte... à peine plus de 3 minutes. Mais ce calcul semble totalement hors de portée de son cerveau à ce moment. Paradoxalement, la réponse instinctive de son cerveau qui consiste à accélérer pour échapper à la source de stress augmente sensiblement le danger. Statistiquement en effet, une des principales causes de décès sur la route, c'est la vitesse.

Prendre l'autocar et l'avion

Au lendemain du terrible accident d'autocar de Sierre qui a tué de nombreux enfants belges, la réaction instinctive de bien des parents a consisté à ne plus laisser aller leur enfant en autocar. Pourtant, ce type d'accident est très rare mais notre cerveau animal est particulièrement conçu pour percevoir et mémoriser des événements graves, surtout s'ils sont uniques et saillants.

Il en va de même avec les avions dont les accidents, rares, sont très spectaculaires. Les images d'accidents d'avions que nous avons tous vues à la télévision sont probablement en partie responsables des phobies de l'avion qui touchent un pourcentage important des usagers des transports aériens. Pourtant les statistiques sont claires: vous êtes des dizaines de fois plus en danger dans votre voiture.

Surtout si, comme Monsieur X., vous êtes parti en retard et que vous roulez à 135 km/h, réponse instinctive et irrationnelle de votre cerveau pour répondre au stress d'arriver en retard.


Texte mis en ligne le 10-07-2015 - Mise à jour le 25-08-2015