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Mon enfant et l'actualité

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Résumé: Les événements de Charlie hebdo, les attaques terroristes à Paris, les guerres... nos jeunes enfants sont en permanence exposés à la médiatisation de la violence. Comment accompagner nos enfants face à ces actualités violentes?

Nous sommes en permanence assaillis d'informations concernant ce qui se passe partout dans le monde. Avec sans doute un relais privilégié par les médias des mauvaises nouvelles et violences en tous genres: catastrophes naturelles, guerres, attentats terroristes, crashs aériens, virus Ebola... Les récents attentats de Paris, précédés l'attaque de Charlie Hebdo, à l'instar des attentats du 11 septembre, ont amené les télévisions et les sites internet à relayer en boucle des images et des commentaires d'une extrême violence. Par ailleurs, la tolérance, la liberté d'expression et le droit à l'information sont autant d'enjeux essentiels, et de ce fait deviennent autant de défis éducatifs pour les parents.

Parfois, il est difficile de s'y retrouver : comment éduquer nos enfants à l'actualité ? Quelles informations sélectionner et discuter avec eux ? Voici quelques repères qui doivent pouvoir vous guider.

Le journal télévisé n'intéresse pas votre enfant!

La géopolitique n'intéresse pas votre enfant. Le conflit israélo-palestinien ou la situation en Syrie, tout cela n'a aucun intérêt pour lui. Ce qui intéresse votre enfant jusqu'aux portes de l'adolescence, c'est sa famille, son papa, sa maman, papy et mamy, son petit frère, le petit chien et le chat, l'école maternelle ou primaire qu'il fréquente, ses copains, le sport, l'une ou l'autre marotte...

Ne cherchez pas à le brancher à tout prix sur l'information mondiale et la géostratégie financière; il épatera peut-être vos voisins au prochain barbecue du quartier, mais contrairement à ce que pensent certains parents, cela n'aidera pas l'enfant à accéder au poste de cadre supérieur trilingue auquel ils rêvent déjà pour lui. Votre enfant est naturellement curieux et il amènera déjà par lui-même bien des sujets de découvertes avec vous ; les conversations informelles que vous aurez à table, la télé soigneusement éteinte, seront autant de moments d'échanges et d'apprentissages. Ne doutez pas non plus qu'à l'école, il apprenne déjà beaucoup de choses sur bien des sujets qui participent aux premières couches essentielles de sa culture générale.

Mieux vaut prévenir que guérir

Il faut éviter à votre enfant d'être confronté à la violence rapportée par les médias. Concrètement, évitez tout simplement de souper en regardant le journal télévisé. Vous épargnerez ainsi à votre enfant de voir des images de gens abattus à la Kalachnikov. Faites attention aussi aux journaux radiophoniques en partant en voiture à l'école le matin. Cela vous permettra de contourner la tâche compliquée qui consiste à expliquer à votre enfant de 7 ans ce que ça veut dire "décapiter un otage" ou "un terroriste qui se fait exploser". J'ajouterai que vous ne vous en porterez vous-même que mieux!

Très vite aussi votre enfant saura manier la souris. Ne le laissez pas seul devant l'ordinateur et gardez en permanence un contrôle sur le contenu des sites qu'il visite. N'hésitez pas à installer un logiciel de contrôle parental.

Débriefer la violence

Malgré toutes les précautions prises, votre enfant court bien des risques d'être un jour exposé à une information choquante. Dans cette situation, tentez de faire simple et d'aller à l'essentiel de ce qui compte pour lui : de savoir que sa famille et que son univers sont en sécurité. Insistez donc sur les arguments simples et concrets qui le rassurent : ce qui s'est passé s'est passé très loin de chez nous ; chez nous la police ne laisserait pas faire ça ; les avions chez nous n'ont jamais d'accidents... Adaptez-vous à la situation rencontrée et aux questions de votre enfant.

Ne surgonflez pas a priori l'impact de ce que votre enfant a pu voir ou entendre. Votre enfant ne vous posera peut-être qu'une ou deux questions simples et passera à autre chose rapidement. Évitez si possible de vous embourber avec lui dans une longue discussion sur le sujet.

Si vous le pensez nécessaire, tenez un peu votre enfant à l’œil dans les jours qui suivent, sans aborder à nouveau le sujet vous-même pour ne pas lui donner une importance qu'il n'aurait déjà plus pour votre enfant. Reparle-t-il spontanément de ce qu'il a vu ou entendu? Fait-il des cauchemars dans les jours qui suivent ou des maux de ventre inexpliqués au moment de partir à l'école?

Comme toujours: n'en faites pas trop et ajustez-vous. Exceptionnellement, il pourra être nécessaire de prendre quelques séances chez le psychologue si un problème se déclare et persiste.

Et commencez surtout par souper en famille avec la télé éteinte!


Texte mis en ligne le 01-12-2015