Mon premier rendez-vousPar Naty, auteure anonyme (et courageuse)
A qui me direz-vous ? A un psy ! Depuis quelques mois, j’ai des problèmes et je ne trouve personne pour en parler où plutôt, je n’ose en parler à personne. Alors en tapotant sur mon ordinateur, j’ai trouvé un numéro de téléphone d’un psychologue et je me suis dit, pourquoi pas. Courageusement, il faut l’être je l’avoue, je lui ai téléphoné pour avoir un rendez-vous qu’il m’a donné aussitôt sans me poser de question… « lundi 17h ». Nous étions jeudi et il me fallu attendre encore tout un week-end avant de rencontrer cet inconnu à qui j’allais déblatérer tous mes problèmes.
Je montais un escalier qui m’amena jusqu’à une salle d’attente. Et qui dit salle d’attente dit « attendre ». D’après ma montre, j’avais à peine attendu trois minutes mais mon corps, lui, ne savait pas lire l’heure ! Et ces trois minutes me paraissaient une éternité tel un étudiant attendant les résultats de ses examens. Mon cœur tambourinait aussi fort qu’un concert de hard rock, que j’avais peur que mon inconnu qui se trouvait dans la pièce d’à côté, puisse m’entendre et s’invite à mon concert.
La porte s’ouvrit et j’aperçus celui qui allait bientôt entrouvrir les entrailles de ma mémoire.
Une envie d’autodestruction m’avait envahie et je regrettais amèrement d’avoir osé, avec toute mon audace et mon courage, d’avoir pris rendez-vous avec ce bourreau d’âme. Après un petit moment de silence, il me posa la question tant redoutée, celle qui vous cloue sur place.
Son regard était toujours aussi insistant et j’avais l’impression qu’il essayait de décoder mes moindres faits et gestes tel un profiler lors d’une enquête. De ce fait, je restais figer n’osant plus bouger le petit orteil pourtant caché dans mes chaussures. J’essayais de me relâcher en me disant que puisque j’étais là, autant lui dire quelque chose même si c’était n’importe quoi. Ce que je fis, sûrement maladroitement, car mon corps tout entier ne cessait de trembler tout le long de la séance.
C’est à ce moment précis que je su que le courant était passé entre nous et que j’allais pendant les mois à venir lui confier mon âme. Pourtant, je me sentais toujours aussi mal, mais j’avais décidé de lui faire confiance. On se dit au revoir et en descendant l’escalier, qui aboutissait à la porte que je trouvais une heure auparavant infranchissable, je me sentie plus légère et fière de moi d’avoir pu parler de mes problèmes et surtout d’avoir trouvé une personne qui m’écoute et qui ne me juge pas.
Maintenant, je dois attendre une semaine avant de le revoir.
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Résumé de l'article - De ce suspense et cette curiosité teintée d'inquiétude si souvent présents lors des jours et des heures qui précèdent le premier rendez-vous chez un psychologue. Avec une dose de contradiction aussi, superbement exprimée par l'auteure!
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